Le pat se produit quand un joueur n’a plus aucun coup légal à jouer alors que son roi n’est pas en échec : la partie s’arrête aussitôt sur une nulle, et non sur une défaite. C’est la règle qui transforme parfois une position totalement gagnante en match nul, souvent par une simple inattention en finale. Comprendre le pat, c’est apprendre à l’éviter quand on domine, et à le provoquer quand la partie est perdue.
Publié le 14 octobre 2026 · Par Delphine D., rédaction du Palais des Échecs
L’essentiel
• Définition : joueur au trait, aucun coup légal, roi pas en échec → nulle.
• Différence avec le mat : en cas de pat, le roi n’est jamais en échec.
• Terrain de prédilection : les finales, surtout dame ou tour contre roi seul.
• En position gagnante : laissez toujours une case de fuite au roi adverse.
• En position perdante : provoquer le pat est une défense tout à fait légitime.
Qu’est-ce que le pat aux échecs ? Définition simple
Le pat se produit quand le joueur au trait ne dispose d’aucun coup légal, alors que son roi n’est pas en échec. La partie s’arrête aussitôt : c’est une nulle, quel que soit le rapport de force sur l’échiquier à cet instant.
Cette règle surprend souvent les débutants, qui confondent pat et échec et mat. La différence tient en un mot : l’échec. Sans échec, pas de victoire possible, même si un camp domine très largement la partie.
- C’est au tour de ce joueur de jouer : le pat ne concerne que le camp qui doit déplacer une pièce.
- Son roi n’est pas en échec : aucune pièce adverse ne le menace à cet instant.
- Aucun coup légal n’est disponible : ni pour le roi, ni pour aucune autre pièce du même camp.
Pat vs échec et mat : quelles différences ?
Le pat et l’échec et mat mettent tous deux fin à la partie parce qu’aucun coup légal n’est possible. Leur différence tient à une seule question : le roi est-il en échec au moment où il ne peut plus bouger ? S’il l’est, c’est mat et la partie est perdue pour lui ; s’il ne l’est pas, c’est pat et la partie est nulle.
| Critère | Pat | Échec et mat |
|---|---|---|
| Roi en échec ? | Non | Oui |
| Coup légal disponible ? | Non | Non |
| Issue de la partie | Nulle | Victoire de l’adversaire |
| Fréquence | Surtout en finale | À tout moment de la partie |
Pour revoir les schémas de mat les plus courants, consultez notre guide Échec et mat : définition, schémas de mat et guide complet. Pour l’ensemble des règles de déplacement et des coups spéciaux, notre page Règles des échecs fait référence.
Exemples concrets de positions de pat
Le pat survient presque toujours en finale, quand un camp n’a plus que son roi et que l’autre camp, en voulant mater vite, lui retire sa dernière case sans lui donner l’échec. Voici trois schémas classiques à connaître.
La finale de dame mal jouée
Avec une dame et un roi contre un roi seul, le mat est théoriquement facile ; c’est pourtant une finale où l’on pate fréquemment par excès de précipitation. Si la dame vient se placer juste à côté du roi adverse acculé dans un coin, sans qu’aucune case ne lui reste et sans échec, c’est pat.
La finale de roi et pion
Un roi qui pousse son pion trop vite peut priver le roi adverse de toute case libre, pile au moment où ce dernier n’est pas en échec. Le camp en difficulté, souvent mené au score, se retrouve alors sauvé par la nulle.
La finale de tour
Avec une tour et un roi contre un roi seul, le même risque existe : une tour mal placée peut contrôler toute une rangée ou une colonne et enfermer le roi adverse dans un coin sans lui donner l’échec.

Comment éviter de faire pat quand vous êtes en position gagnante
Quand vous menez largement la partie, le seul danger restant est souvent le pat. Trois réflexes suffisent à l’écarter.
- Laissez toujours une case de fuite au roi adverse tant que le mat n’est pas immédiat : ne resserrez l’étau que lorsque vous êtes certain de donner l’échec au coup suivant.
- Comptez les coups légaux de l’adversaire avant de jouer, pas seulement ceux de son roi : un pion ou une pièce bloquée peut aussi provoquer un pat.
- Ralentissez en fin de partie, surtout en blitz où la précipitation fait perdre un point déjà acquis ; notre article sur le blitz aux échecs détaille d’autres pièges liés à la rapidité, et notre guide de l’horloge aux échecs explique comment gérer la pendule dans ces moments.
S’entraîner sur un plateau physique aide à mieux visualiser ces finales qu’un écran. Notre Ensemble Grand Championship offre un contraste net entre érable et acajou, utile pour repérer d’un coup d’œil les cases encore libres autour du roi adverse.
Pour rejouer les finales de dame et de tour sans se précipiter, un échiquier aux cases bien lisibles fait toute la différence. L’Ensemble Compétition associe un échiquier en noyer et érable à des pièces en buis, pour un contraste net au moment de compter les cases disponibles.
Comment provoquer le pat pour sauver une partie mal engagée
Quand la partie semble perdue, le pat devient une arme de défense légitime. L’objectif n’est plus de gagner, mais d’amener son propre roi dans une position où, à court de coups, il ne sera pas en échec.
- Sacrifiez les pièces qui donnent encore des coups légaux : moins vous avez de pions et de pièces capables de bouger, plus vite votre roi se retrouve seul à devoir jouer.
- Cherchez un coin où votre roi aura épuisé toutes ses cases disponibles sans qu’aucun échec ne soit possible.
- Guettez l’inattention adverse : un joueur pressé de mater néglige parfois de laisser une case de fuite, surtout en finale de dame ou de tour.
Cette tactique de défense se travaille : rejouer d’anciennes parties où le camp perdant a sauvé la nulle par pat est un excellent exercice pour repérer ces occasions en situation réelle.
Le pat selon les règles officielles : un cas particulier de nulle
Le pat n’est qu’une des façons d’obtenir la nulle aux échecs. Le règlement en prévoit plusieurs autres, qui reposent sur des logiques différentes.
- Le pat : aucun coup légal, roi pas en échec.
- La triple répétition : la même position se présente trois fois, avec le même joueur au trait.
- La règle des 50 coups : 50 coups sont joués de part et d’autre sans mouvement de pion ni prise.
- Le matériel insuffisant : aucun des deux camps ne peut mater, même avec les meilleurs coups possibles.
- L’accord mutuel : les deux joueurs décident ensemble d’arrêter la partie sur une nulle.
Retrouvez l’ensemble de ces cas et les autres coups spéciaux (roque, prise en passant, promotion) dans notre page de référence Règles des échecs : déplacements, prises et coups spéciaux.
Quel échiquier choisir pour travailler ces finales ?
Un pat se repère mieux sur un plateau où les cases contrastent nettement et où les pièces sont faciles à distinguer d’un coup d’œil. Voici deux pistes selon votre niveau.
Pour débuter
Un ensemble découverte complet suffit pour rejouer les trois finales présentées plus haut.
Pour progresser
Un jeu d’échecs Staunton aux pièces lestées facilite la manipulation répétée des mêmes positions.
Pour travailler ces finales en déplacement, un plateau magnétique évite de faire tomber les dernières pièces au moment crucial. Le jeu d’échecs en bois et magnétique Staunton existe en cinq tailles.
Vous pouvez aussi comparer l’ensemble de notre sélection sur la page échiquiers, parcourir tous les ensembles complets jeu d’échecs et échiquier, ou découvrir nos jeux d’échecs en bois. Pour continuer à progresser au-delà des finales, notre guide du classement Elo aux échecs explique comment mesurer vos progrès dans la durée.
Questions fréquentes
Pat échec, qu’est-ce que c’est exactement ?
Le pat est une position où le joueur au trait ne peut jouer aucun coup légal alors que son roi n’est pas en échec. Contrairement à l’échec et mat, la partie se termine alors par une nulle, et non par une défaite.
Quand y a-t-il pat aux échecs ?
Il y a pat dès que trois conditions sont réunies : c’est au joueur de jouer, son roi n’est pas en échec, et aucune de ses pièces, roi compris, ne dispose d’un coup légal. Cette situation survient le plus souvent en finale, quand un camp n’a plus que son roi.
Pourquoi le pat est-il une nulle et non une défaite ?
Parce que la règle des échecs sanctionne uniquement l’impossibilité de répondre à un échec. Si le roi n’est pas menacé au moment où son camp ne peut plus jouer, il n’y a pas eu de mat : la partie est donc déclarée nulle.
Comment éviter de faire pat quand on domine la partie ?
Laissez toujours au roi adverse une case de fuite tant que vous n’êtes pas certain de donner échec au coup suivant, et vérifiez les coups légaux de l’ensemble de ses pièces, pas seulement de son roi, avant de jouer votre coup.
Comment provoquer un pat pour sauver une partie perdue ?
En réduisant au maximum le nombre de pièces et de pions capables de bouger, puis en cherchant une case où votre roi n’aura plus aucun coup légal sans pour autant être en échec. C’est une tactique de défense reconnue dans les finales difficiles.
Quelle est la différence entre le pat et l’échec et mat ?
Dans les deux cas, aucun coup légal n’est possible. La différence tient à l’échec : s’il est présent, c’est mat et la partie est perdue ; s’il est absent, c’est pat et la partie est nulle.
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